L’histoire de l’humanité selon la tradition des Indiens Hopis (suite 3)

LEGENDES

Yucca-Boy

Pendant un certain temps‚ quelques-uns de nos clans vécurent encore à Palátupka‚ dans le cañon Rouge‚ qui s’appelle aujourd’hui Cañon de Chelly. Les clans importants qui s’y installèrent avant de venir ici‚ dans nos villages hopis‚ furent le clan du soleil‚ le clan du maïs et le clan des nuages. En plus‚ il y avait le clan du feu et le clan du roseau. Le petit clan du Yucca était peu connu‚ avec seulement quelques membres. Ils migraient et s’installaient toujours avec d’autres clans et‚ à l’époque‚ ils s’installèrent dans un petit cañon latéral.

Le village de Walpi situé sur la première Messa
Le village de Walpi situé sur la première Messa.

Dans une des familles naquit une fille qui‚ en grandissant‚ devint une très gentille jeune fille‚ courageuse et serviable‚ et tout le monde l’aimait bien.
Un jour‚ très loin à l’ouest (l’endroit exact n’est pas connu)‚ il y eut une irruption volcanique. Des nuages noirs couvrirent le pays et‚ pendant trois ans‚ il n’y eut plus de pluie. Le maïs‚ les haricots‚ courges et autres légumes desséchèrent. Rien ne poussa plus et les gens furent obligés d’aller dans le désert pour chercher quelque chose à manger. Tout le monde souffrit beaucoup. Les parents de la fille étaient trop vieux pour y aller. C’est donc la fille qui alla chercher de la nourriture pour tous les trois.
Avant de partir‚ elle remplit une cruche avec l’eau qui continuait à couler faiblement sous un rocher. Quand elle ne trouvait pas de nourriture‚ elle ne rentrait pas et restait dormir dehors pour poursuivre sa recherche le lendemain. La troisième année‚ la famine fut si grande que la fille fut obligée d’aller de plus en plus loin. Un jour‚ elle décida d’aller encore plus loin‚ là où personne n’avait jamais été avant elle. Elle se dirigea vers le nord‚ vers une colline‚ et pendant trois jours elle ramassa ce qu’elle trouvait‚ quand elle arriva à un joli endroit rempli de céréales et de baies séchées qui étaient encore mangeables. En fin d’après-midi elle mangea puis décida de passer la nuit et de dormir près d’une falaise. Quand elle s’installa‚ il lui sembla entendre un bruit‚ mais ne voyant aucun animal elle s’endormit dans le sable fin. Le lendemain matin‚ pensant qu’elle avait trouvé à manger‚ elle décida de rentrer lorsqu’elle entendit de nouveau le bruit de la veille. Elle se dirigea vers la colline et un étranger vint à sa rencontre. C’était un beau jeune homme dans un habit magnifique. Bien sûr‚ depuis longtemps‚ son peuple connaissait les Kachinas‚ mais depuis l’arrivée des nuages noirs‚ ces derniers semblaient avoir disparu. Quand il fut près d’elle‚ elle comprit ce qu’elle avait entendu la veille. Sa poitrine et son corps étaient couverts de coquillages qui tintaient en marchant.
Mais maintenant c’était le matin et elle n’avait absolument pas peur.
Il s’adressa à elle en disant : “Je vois que tu as ramassé suffisamment à manger pour ta famille.” Sa voie était douce et gentille et il semblait au courant de la famine. Elle répondit : “Oui‚ c’est la première fois que je suis allée aussi loin et que j’ai trouvé autant.” “Oui‚ je comprends‚ nous vous avons observé tout ce temps et nous savons ce qui est arrivé.”
Elle demanda d’où il venait et il répondit : “Nous sommes les initiés et nous n’habitons pas sur cette terre. Nous venons d’une planète très éloignée‚ mais nous surveillons tout le pays. Vous allez surmonter ces temps difficiles‚ cela fait partie des changements qui interviennent actuellement sur la terre entière.” La jeune fille fut tellement étonnée qu’elle ne posa plus de questions. Il continua : “Cela va te sembler étrange‚ mais d’où je viens tout est beau et vert.” Après s’être assis tous les deux‚ elle parla de son peuple et lui du sien. Ce fut une conversation merveilleuse et il demanda‚ au bout d’un moment : “Tu n’es pas rentrée aujourd’hui. Tu ne te fais pas de soucis pour tes parents ?” “Non‚ c’est tellement intéressant de connaître quelqu’un comme toi‚ quelqu’un qui est si bien nourri.” Il répondit : “Je sais que cela t’étonne‚ mais nous ne mangeons pas de votre nourriture‚ nous vivons de l’esprit qui est dans la nourriture‚ c’est comme la rosée sur les perces-neige et il y en a beaucoup dans l’univers.”
Puis le jeune homme demanda si elle avait faim. Elle voulut faire cuire quelque chose de ce qu’elle avait trouvé‚ mais le jeune homme lui offrit quelque chose qu’il lui avait apporté. C’était du maïs sucré‚ cela faisait longtemps qu’elle n’en avait pas mangé. Ils restèrent ensemble jusqu’à la tombée de la nuit et décidèrent de passer la nuit au même endroit et de partir ensemble le lendemain.
Il l’accompagna un bout de chemin et‚ quand elle arriva chez ses parents‚ elle leur donna tout ce qu’elle avait trouvé‚ et le maïs que le jeune homme lui avait donné. Elle raconta ce qui lui était arrivé mais ils décidèrent de n’en parler à personne.
Après un certain temps‚ la jeune fille retourna chercher de la nourriture et elle se dirigea vers la colline. Le jeune homme était là et l’attendait. Mais l’hiver arrivait et chacun savait qu’il serait encore plus difficile de trouver de la nourriture. Elle y retourna une troisième et dernière fois et le jeune homme lui donna une cruche remplie de graines. Il lui expliqua qu’elle devait conserver ces graines à l’intérieur de la maison et qu’elle devait en répandre un peu dans le noir total. Elle devait mettre les graines qui sortaient les premières de la cruche dans un panier et quitter la pièce. Quand elle y retournerait‚ les graines se seraient multipliées.
Elle fit comme il lui avait demandé et‚ chaque fois qu’elle retourna dans la pièce‚ c’était une surprise. Une fois il y avait des haricots‚ une autre fois des graines de courges et parfois du maïs. A chaque fois la corbeille était remplie. Cette cruche‚ que nous appelons la “cruche sacrée”‚ nourrit la famille tout l’hiver. Comme elle n’avait toujours pas raconté aux autres ce qui lui était arrivé‚ elle sortait parfois pour faire semblant d’aller chercher de la nourriture.
Au printemps‚ la jeune fille s’aperçut qu’elle attendait un enfant. Elle en fut étonnée et en parla à sa mère qui se fit aussitôt du souci par rapport à ce que les gens allaient penser. L’étranger était le seul homme qu’elle avait connu et à qui elle avait parlé‚ mais elle n’avait pas eu de relations avec lui. La mère était‚ elle aussi‚ soucieuse et un peu honteuse. Un jour‚ la fille décida : “Nous allons dire que j’ai rencontré un étranger et que j’ai eu des relations avec lui.” Un matin‚ l’enfant vint au monde. C’était un garçon. Toute la famille fut heureuse et l’accueillit bien. Après vingt jours‚ il fut temps de lui laver les cheveux. C’est un événement important dans la vie des Hopis. La famille était soucieuse car cette cérémonie doit être faite par les parents du père. Mais qui était le père et où était-il ?
Alors quelque chose d’étrange se produisit. Quand la mère de la jeune fille se décida à laver elle-même les cheveux de l’enfant‚ le brouillard se leva dans le cañon. C’était la réponse. Les initiés étaient venus pour laver les cheveux de l’enfant. Le brouillard fut le plus épais à l’endroit où la famille habitait‚ puis le brouillard devint de la pluie. Comme la mère du père n’était pas là pour donner un nom à l’enfant‚ c’est donc la mère de la mère qui donna comme nom “Silíomoho”‚ car la mère était du clan du Yucca‚ et elle donna le nom de la plante de Yucca qui y poussait beaucoup plus haut qu’ici‚ dans cette région.

La pluie était revenue‚ ce fut la fin de la famine. L’enfant était magnifique et grandissait de manière superbe. Quand il fut devenu un beau jeune homme‚ il demanda la permission d’aller chasser seul. Il se dirigea vers le nord‚ vers la colline‚ mais c’est seulement le troisième jour qu’il réussit à tuer un animal. Il se prépara un bon repas et mit le reste de la viande à sécher. Le lendemain‚ quand il se réveilla‚ un jeune étranger se tenait à côté de la viande. Il lui dit : “Tu es enfin venu pour chasser.” Sa voix était amicale et Silíomoho lui répondit : “Oui‚ c’est la première fois que je chasse seul.” “Oui‚ je sais‚ je te connais bien” répondit l’étranger. Silíomoho fut étonné : “Tu me connais ?” “Oui‚ mais le temps n’est pas encore venu pour te dire qui je suis.” Le soir‚ la viande fut presque sèche et l’étranger aida Silíomoho à la porter et lui demanda de le suivre. Il le fit monter le versant abrupt de la colline. Il faisait presque noir quand ils arrivèrent au sommet. Là‚ il y avait une maison‚ exactement comme nos kivas‚ mais plus grande. L’étranger le fit entrer. Il entendit des voix et‚ en descendant l’échelle‚ il vit un groupe de femmes et de filles Kachinas assises le long du mur. La plupart des femmes étaient des Hahá-i‚ les plus gentilles des femmes Kachinas. Elles lui souhaitèrent la bienvenue et il s’assit près des hommes‚ au milieu de la pièce. On lui servit un bon repas et l’étranger lui dit : “Comme tu es venu dans notre maison‚ je veux te dire que nous sommes nombreux sur toute la terre‚ et moi je suis ton père.” Silíomoho fut incapable de parler. C’était donc ça‚ son père était l’un des initiés‚ c’est pourquoi sa mère et ses grand-parents ne lui avaient rien dit. Son père lui dit : “Le temps n’est pas encore venu pour te dire exactement qui je suis et ce que je fais.”

Cérémonie d’Indiens Hopis habillés en Kachinas en haut d’une Kiva (dans les années 1920)
Cérémonie d’Indiens Hopis habillés en Kachinas
en haut d’une Kiva (dans les années 1920)

“Tu es un être humain et tu n’es pas encore l’un des nôtres‚ mais tu le seras un jour. Mais maintenant‚ tu dois passer trois épreuves. Nous allons voir si tu vas survivre.” Pendant les trois nuits suivantes‚ le garçon dut choisir soigneusement des endroits pour passer la nuit et il fut assailli par des bêtes sauvages et des tempêtes terribles. Mais comme il avait‚ à chaque fois‚ bien choisi son emplacement‚ il réussit à survivre et à passer les épreuves avec succès.
Le matin‚ après la troisième nuit‚ son père apparut et lui dit : “J’ai tout le temps espéré que tu survives. Je t’ai mis à l’épreuve de toutes mes forces‚ mais maintenant je sais que tu es fort. Tu dois être fort‚ car l’avenir apportera beaucoup de difficultés pour ton peuple. ”Ils retournèrent à la kiva ensemble où Silíomoho fut reçu avec beaucoup de chaleur et de gentillesse. On lui servit un bon repas et beaucoup de Kachinas chantèrent et dansèrent pour lui. Après une bonne nuit‚ son père arriva : “J’ai déjà fait mon travail ce matin. J’ai béni la terre avec de la rosée et maintenant nous pouvons partir car ta mère et tes grand-parents doivent se faire du souci pour toi.” Puis il prit le paquet avec la viande séchée que le garçon avait préparée et ils prirent le chemin du village du garçon. Près du village‚ ils s’arrêtèrent et le père dit : “Maintenant‚ tu dois continuer seul. Je vais t’aider à porter ton paquet mais tu ne me verras pas.” Le père était devenu invisible. Le garçon fut accueilli avec joie. La mère partagea tout de suite la viande avec ses voisins. Puis Silíomoho raconta ce qui lui était arrivé‚ tout ce que son père lui avait appris concernant l’avenir difficile de leur peuple et que plus tard‚ dans sa vie‚ lui Silíomoho deviendrait le chef d’une planète très éloignée. Le nom de son père était Hólolo.

Par la suite‚ chaque fois qu’il y avait du brouillard dans le cañon‚ les gens disaient “c’est Hólolo‚ le père de Silíomoho.” Et même encore aujourd’hui‚ nous appelons le cañon de Chelly‚ cañon du brouillard. Silíomoho devint un membre important et plus tard un chef apprécié de son peuple. Ses capacités furent d’une grande aide. Il pouvait prédire quand il pleuvrait ou combien il y aurait de neige‚ quand ils devaient semer et comment conserver les récoltes.

Ce don fut un cadeau de son père.

L’ENERGIE

A Kásskara‚ toute la puissance et l’énergie dont nous avions besoin provenaient du soleil. Nous pouvions en bénéficier partout et les lignes électriques n’étaient pas nécessaires. Mais je ne sais pas comment cela fonctionnait.

Nous avions un appareil‚ en fait nous en avions beaucoup‚ avec un cristal à l’intérieur pas plus gros qu’un pouce. A l’époque‚ les gens n’avaient pas besoin de travailler la pierre avec un burin‚ pendant des jours. Tout ce qu’ils avaient à faire‚ c’était d’orienter l’appareil par rapport au soleil et ils pouvaient fendre la pierre avec l’énergie solaire.

Tous les sons étaient mémorisés dans des cristaux. Tous les enregistrements du troisième monde se trouvent dans une grotte en Amérique du Sud. Ma grand-mère me l’a dit un jour mais personne ne sait plus où elle se trouve. Si la grotte était découverte un jour‚ je pourrais tout reconnaître à l’intérieur.

Quand nous sommes venus sur ce continent‚ nous avons bien sûr emmené de tels appareils‚ ainsi que toutes nos connaissances. Là-bas‚ en Amérique du Sud‚ les gens pouvaient soulever d’énormes blocs de roche en tendant les mains sans y toucher. Aujourd’hui‚ on est étonné et on ne comprend pas comment les gens ont pu bâtir de telles villes‚ mais à l’époque c’était facile.

La plus grande efficacité des capacités de l’être humain se trouve dans le bout des doigts. Ils peuvent émettre beaucoup de force et en absorber autant. Pense aux hommes-médecine qui posent leurs doigts sur ton corps et sentent toutes les vibrations. Ils ressentent aussi les vibrations qui ne devraient pas s’y trouver et localisent ainsi la maladie.

A une certaines époque‚ on utilisait aussi le mercure‚ mais je ne sais pas exactement dans quel but. D’après notre tradition‚ il en existait deux sortes‚ une liquide et une solide. Il y aurait un rapport avec la chaleur et l’équilibre‚ mais je ne sais pas si‚ au point de vue scientifique‚ cela signifie quelque chose pour toi. Les gens du clan “deux cornes” l’ont utilisé‚ c’est ce que m’a dit un homme du clan de l’arc.

Les gens avaient techniquement un niveau élevé‚ mais ils n’ont jamais utilisé la force pour détruire des vies. Tout ce savoir s’est progressivement perdu et les gens ont dû travailler de plus en plus dur. Aujourd’hui‚ toutes ces bonnes choses sont dissimulées et nous voyons avec étonnement ce que l’on a réussi à faire dans le passé. Pour comparer‚ on pourrait dire que c’est aujourd’hui que nous vivons dans une époque sombre.

LES SYMBOLES

Le symbole du plan de vie des Hopis.
Le symbole du plan de vie des Hopis.

Quand nous sommes installés en Amérique du Sud‚ après notre arrivée‚ nous avons commencé à documenter notre présence. Nous avons exprimé notre savoir historique et spirituel à travers des symboles. Nous en faisons autant aujourd’hui‚ car nous avons hérité ces symboles de nos pères et nous connaissons le sens des chiffres et des lignes. Nous savons ce qu’ils signifient et ce que l’on peut exprimer à travers ces symboles.

Nous avons laissé nos symboles partout où nous avons vécu ou migré. On peut trouver les preuves de notre savoir dans toute l’Amérique du Sud jusqu’au continent nord-américain : des dessins rupestres‚ des céramiques‚ des bâtiments. Les gens disent que nous n’avions pas d’écriture. Mais c’est justement notre écriture et ce sont nos messages qui sont présents partout sur les deux continents et qui n’ont pas encore été détruits.

Nous avons écrit nos symboles sur de la roche car elle n’est pas facile à détruire par le temps. Nous avons décoré nos céramiques avec des symboles et nous en faisons toujours autant aujourd’hui. A chaque fois que nous avons quitté une installation provisoire‚ pendant nos migrations‚ nos enfants brisaient dans tout le village toutes les céramiques et les laissaient comme un legs. La céramique ne peut pas être détruite. On peut la briser mais les morceaux restent toujours. D’autres peuples et des générations futures viendront et les trouveront‚ et ils sauront que nous avons été là avant eux.

Et il y a les bâtiments‚ les ruines. Si on fait attention à certains signes caractéristiques‚ alors on peut les trouver partout en Amérique du Sud et ici. Par exemple‚ il existe des tours‚ des tours circulaires et des tours carrées. La tour ronde est le symbole féminin‚ la tour carrée le symbole masculin.

La forme en T ou le trou de serrure est très importante. Nous l’avons depuis le premier monde. Cette forme est un symbole pour le plan du créateur. C’est pourquoi les fondations de nos kivas ont cette forme en T. Et comme je parle justement des kivas‚ je veux ajouter quelques autres significations symboliques de cette construction. L’étage inférieur représente le premier monde‚ l’étage supérieur le deuxième monde‚ et l’ensemble‚ de l’arrière jusqu’au devant‚ représente le troisième monde. Sur le toit plat se trouve une plate-forme surélevée qui représente notre monde actuel‚ le quatrième monde. Maintenant‚ tu comprends pourquoi les kivas sont si importantes pour nous.

Et naturellement‚ il existe les grands édifices du passé. Les références aux multiples mondes ne manquent pas. Combien de symbolisme et de savoir sont exprimés à travers eux. La référence aux différents mondes se trouve partout‚ dans le nombre d’étages des pyramides‚ le nombre des portes sur les toits des bâtiments : les trois mondes du passé‚ le quatrième‚ le monde actuel‚ le cinquième monde et les sept mondes que l’humanité doit traverser au total. Même les neuf mondes sont mentionnés‚ à savoir les deux mondes appartenant au créateur. Et les sculptures et la position des bâtiments. Nous pourrions écrire un livre supplémentaire sur la signification des découvertes dans les ruines mexicaines et sud-américaines. Je t’ai déjà parlé de la forme en T à Teotihuacan‚ de la signification des degrés‚ pourquoi il y a un trou dans l’édifice de la pyramide du soleil et la signification des serpents des deux côtés des marches. Dans toute chose il y a une signification‚ et l’histoire est inscrite partout. Nous sommes des gens ayant une orientation spirituelle et les historiens et les archéologues doivent se rendre compte qu’ils devront d’abord nous comprendre‚ avant de pouvoir expliquer les ruines.

A l’époque actuelle‚ nous portons ces chiffres symboliques avec nous ou plutôt dans nous. Pas dans une forme matérielle mais d’une manière plus subtile. Par exemple‚ pendant une cérémonie‚ quand des Kachinas dansent sur la place du village‚ ils forment leurs groupes à seulement trois endroits‚ pour montrer les trois mondes que nous avons traversés. Ils ne peuvent pas former un quatrième groupe puisque le quatrième monde n’est pas terminé. Je dois également mentionner les chants que nous chantons pendant les cérémonies. Un tel chant comporte cinq strophes‚ ce qui signifie que nous allons nous rendre dans le cinquième monde. Comme tu le vois‚ les Hopis savent exactement où ils se situent dans le plan des mondes : entre le troisième qui a été détruit‚ et le cinquième‚ le prochain monde que nous devons atteindre. Nous savons que nous nous trouvons dans le quatrième monde situé au milieu de sept mondes que nous devons traverser au total. Nous n’avons pas besoin de le dire‚ car tout est exprimé symboliquement dans nos cérémonies. Pourquoi noter quelque chose par écrit qui est enracinée si profondément et exprimée si clairement dans nos cérémonies ?

Tout le symbolisme utilisé par les Hopis nous rappelle les vérités que nous avons apprises il y a longtemps. Mais seulement nous‚ les Hopis‚ connaissons et comprenons ce symbolisme‚ aucune autre tribu ne peut en faire autant‚ même si beaucoup d’entre elles utilisent maintenant des symboles hopis. Elles ne voient que l’extérieur et n’ont pas la connaissance.

Si tu vois nos symboles quelque part en Amérique du Sud‚ en Amérique Centrale ou sur ce continent‚ pense que nous savons encore aujourd’hui ce qu’ils signifient. Et pense que nous savons tout cela par notre passé et par ce que nos pères nous ont transmis et que nous gardons toujours vivant.

Et n’oublie pas que le savoir des Hopis est encore plus étendu : nous savons que nos voix‚ même sans son‚ sont imprimées dans l’atmosphère et que c’est indestructible ! Des rochers et des ruines peuvent disparaître un jour‚ mais ce que nous disons‚ et ce qui se passe dans nos âmes sur un niveau plus élevé‚ ne sera jamais détruit.

LE MOT DE LA FIN

Chacun d’entre nous est né avec une prédestination et doit remplir sa tâche dans ce monde. Longtemps avant ma conception‚ il fut décidé que cela ferait partie de ma destinée de transmettre toutes ces choses. C’est pourquoi je suis venu pour parler avec toi.

Tout au début de ton enregistrement‚ je t’ai dit que l’histoire de mon peuple représente une mise en garde pour vous. J’espère que tu as maintenant bien compris cet avertissement. As-tu remarqué comment l’histoire se répète toujours et toujours ? Et tu as vu que le créateur punit l’humanité quand elle transgresse les lois et dévie ou quitte le droit chemin.

Je t’ai parlé beaucoup de notre histoire‚ de l’histoire du peuple élu. Je sais qu’elle ne correspond pas à ce que vous avez cru jusqu’à maintenant. Naturellement‚ les scientifiques voudront nous corriger‚ comme ils le font toujours. Ils ne nous comprennent pas et ne peuvent donc pas comprendre notre histoire et nos opinions. Mais nous‚ les Hopis‚ reconnaissons dans les événements d’aujourd’hui la même chose que ce qui est arrivé vers la fin du troisième monde. Nous voyons ce qui se passe dans le monde‚ la corruption‚ les assassinats‚ et nous savons que nous sommes sur le chemin de la destruction. On peut éviter cette fin terrible si nous retournons sur le chemin du créateur‚ mais je n’y crois pas. La prochaine grande catastrophe n’est pas loin‚ seulement quelques années. Cela doit vous sembler étrange dans votre monde‚ mais nous le savons.

Nous‚ les Hopis‚ nous le savons.

Cérémonie chez les Indiens Pueblos de San Juan‚ frères des Indiens Hopis. Les Pueblos ne furent pas intégrés aux Hopis‚ car ils n’ont jamais fini leur migration
Cérémonie chez les Indiens Pueblos de San Juan‚ frères des Indiens Hopis.
Les Pueblos ne furent pas intégrés aux Hopis‚
car ils n’ont jamais fini leur migration

(source: AntonParks.com)